UN PREMIER ETAT DES LIEUX DE L’ACCES PUBLIC A INTERNET EN ILE-DE-FRANCE A ETE REDIGE EN DECEMBRE 2005 ET REPREND EN DETAIL LES RESULTATS.
Cet état des lieux de l’accès public à Internet en Ile-de-France s’est déroulé selon la méthodologie suivante :
- Une identification des lieux d’accès public à Internet – tous types de lieux confondus -. Ce travail a été réalisé sur la base du recensement des différents fichiers existants (Liste ARTESI Ile-de-France, Liste Délégation aux Usages de l’Internet, Liste des ECM, Liste des Points Cyb, Liste des Cyber-bases, Liste des cybercafés, Liste des Cyberpostes, Liste des bibliothèques municipales offrant un accès à Internet, consultation d’annuaires, … ).
- L’envoi d’un questionnaire aux 1300 communes d’Ile-de-France. Ce questionnaire permettait de faire identifier par les collectivités tous les espaces localisés sur leur territoire, informations qui sont venues compléter, confirmer ou infirmer les données déjà recueillies.
- La consolidation de ces informations et notamment des coordonnées des responsables des espaces sur la base d’appels téléphoniques.
- L’envoi d’un questionnaire très détaillé, à remplir en ligne, permettant de mieux connaître le fonctionnement des espaces. Les réponses (122 EPN) à ce questionnaire ont fait l’objet d’une analyse détaillée.
Le tableau ci-dessous indique le nombre de lieux d’accès public à Internet (API), le nombre d’Espaces Publics Numériques (EPN) et parmi ces EPN, le nombre par "grand label".
|
Départ. |
Nb lieux
API |
Nb EPN |
Nb ECM |
Nb Point Cyb |
Nb Cyber-base |
Nb Bibliothèque |
Nb label départ. |
|
75 |
173 |
69 |
3 |
4 |
6 |
2 |
14 PARVI |
|
77 |
128 |
85 |
1 |
6 |
1 |
9 |
|
|
78 |
151 |
52 |
3 |
9 |
3 |
8 |
|
|
91 |
170 |
127 |
1 |
4 |
1 |
24 |
58 EPNE |
|
92 |
119 |
81 |
2 |
10 |
1 |
9 |
|
|
93 |
90 |
69 |
1 |
6 |
6 |
13 |
|
|
94 |
95 |
64 |
3 |
13 |
0 |
10 |
|
|
95 |
106 |
54 |
0 |
8 |
1 |
11 |
|
|
REGION |
1032 |
601 |
14 |
60 |
19 |
86 |
|
L’analyse des 122 réponses d’EPN a permis de conforter un certain nombre d’informations générales sur l’accès public à Internet qui se retrouvent sur un ensemble de politiques ou territoires, comme le nombre moyen d’animateur à temps plein par espace, les types de lieux dans lesquels se trouvent ces espaces, les types de missions et d’activités de ces lieux, les portages majoritairement collectivités locales mais aussi associatifs …
Cette analyse a également permis de mettre en évidence certaines différences entre les départements / territoires. Ainsi, par exemple :
- Paris se différencie très nettement des autres départements par sa forte proportion de lieux dont le portage est associatif.
- L’Essonne, du fait de sa politique forte en matière de soutien aux espaces publics numériques et d’animation du réseau des EPNE, se démarque également des autres départements qui n’ont pas encore, à ce jour, mis en place une vraie politique de l’accès public à Internet.
- Trois départements sur huit ont, en moyenne, moins d’un animateur temps plein par espace…. Ce qui est peu relativement au nombre de missions remplies par ces espaces (en moyenne 6-7 missions différentes).
- Des ouvertures au public hebdomadaires variant de 22 à 37 heures, en moyenne, selon les départements.
Et des constats d’évolution…
- Les publics évoluent avec de plus en plus d’adultes et de séniors.
- Beaucoup d’usages classiques avec une montée en charge sur des usages de type "retouche de photos" et "écriture par le Web (blogs, …)" qui répondent à de nouveaux supports (appareil photo numérique) et à un nouveau mode de communication que sont les Blogs aujourd’hui, notamment pour le public des "Jeunes".
Les résultats ont permis de mettre en lumière des aspects quelque peu plus inattendus, ou marquants une évolution par rapport au passé. Ainsi :
- De la fin des contrats emplois jeunes où l’on craignait une perte massive d’emplois et de fermetures d’espaces … mais il s’avère que l’intégration dans la fonction publique d’un certain nombre d’animateurs a permis, fort heureusement, d’assurer une pérennisation du poste et des activités de certains espaces. Néanmoins, elle n’est pas généralisée et il reste encore des questionnements pour un certain nombre d’animateurs sur leur avenir et, par là même, sur la pérennisation des activités proposées.
- Une évolution des missions et activités proposées par ces lieux, qui, de leur mission initiale majoritairement sur "L’initiation au multimédia et à Internet", se décline de plus en plus vers des missions plus spécialisées de type accompagnement des demandeurs d’emploi. Cette évolution correspond aussi parfois tout simplement à l’hébergement de ces EPN dans des structures existantes dont la mission est proche de ce type d’activité (Une mission locale, par exemple, qui accompagne les jeunes en recherche d’emploi, en toute logique, développe des actions autour des technologies par une approche de la recherche d’emploi). D’autres missions apparaissent comme l’accompagnement à l’administration électronique ou encore la sensibilisation des élus et des agents territoriaux. En revanche, les entreprises (TPE et PME) sont toujours très peu concernées et présentes dans ces lieux.
- Cette évolution va de pair avec le constat que près de 60% des espaces se trouvent hébergés dans une structure ayant une mission spécifique (centre social, Mission locale, Bibliothèque, ..) et que, tout naturellement, en découle des liens entre les activités de la structure d’accueil et l’approche sensibilisation des nouvelles technologies. Cet hébergement dans des structures existantes offre par ailleurs une meilleure garantie de pérennisation des activités autour des technologies, par le fait que l’ensemble des coûts se trouvent intégré dans les frais généraux de la structure, ce qui n’est pas le cas des espaces créés Ad Hoc qui sont tributaires de subventions parfois non renouvelables.
- Un nombre important de structures qui n’appartiennent à aucun des "labels" classiques du secteur (ECM, Cyber-base, Point Cyb, NetPublic, …) et donc à aucun grand réseau. Cette tendance montre que même sans une politique territoriale forte, des espaces se créés répondant à des besoins locaux.
- Des débits de connexion encore moyen (de 512Ko à 2Mo) par rapport aux besoins de plus en plus importants … Mais une diffusion de l’ADSL assez importante.
- Une très faible diffusion du "Passeport Internet et Multimédia" et /ou du Certificat de Navigation sur Internet qui, pourtant, constitue une offre vers des publics qui, sans cela, ne viendraient pas dans les espaces publics. Un tel passeport régional permettrait de donner une cohérence et une identité régionale aux espaces qui pratiqueront ce type d’action. Par ailleurs, sur le modèle de tels passeports développés par des collectivités territoriales (Région et département), c’est l’occasion de constituer des liens entre des réseaux existants (Organismes de formation et EPN) et de rétribuer le travail de ces lieux d’accès publics à Internet.
- L’évolution des activités et des publics spécifiques que les EPN cherchent à toucher nécessitent parfois l’adaptation des «équipements" (Matériels appropriés pour les personnes handicapées moteur ou sensoriel, …). Il semble important de pouvoir favoriser l’accueil de ces publics et d’avoir des recours à des ressources locales dans le domaine. A ce titre, certains espaces pourraient acquérir ce rôle de "ressources locales".
- Enfin, face au peu de disponibilité des animateurs et de leur constant besoin de formation pour suivre les évolutions techniques et juridiques des technologies et pour être en mesure de proposer de nouvelles activités et de nouveaux services, une solution serait le développement de cursus de formation, susceptible d’être suivi, tout ou en partie (le présentiel restant une composante importante de la formation) à distance. Qui d’autres que les animateurs sont mieux placés pour suivre des formations via les réseaux ? De plus, la Région, dans le cadre de son programme de développement des Points d’Accès à la Téléformation propose déjà un accès aux formations à distance à des publics ciblés.
- Les répondants à ce questionnaire ont par ailleurs manifesté leur accord sur plusieurs points proposés : un portail ressources, des rencontres régionales une à deux fois par an maximum et le besoin d’un Centre de Ressources régional.
- Enfin, le questionnaire s’étant intéressé à l’offre WIFILEDEFRANCE dans les EPN, nous constatons qu'il reste encore du travail à faire pour promouvoir cette offre. Sur 122 espaces, seulement 4% en ont bénéficié et parmi ceux qui ne l’ont pas eu, seulement 26% ont eu connaissance de cette offre. Il y a donc un véritable travail de communication qui peut être fait auprès de ces espaces publics numériques et qui permettrait une diffusion large du Wifi en Ile-de-France. D’autant plus que les EPN sont également des "lieux vitrines" pour le grand public.