Une multitude de lieux différents proposent un accès à Internet, accompagné ou non, coordonnés par un organisme à l’échelle d’un territoire ou non. A titre d’exemple, on peut citer : un théâtre, un hôpital, un foyer de travailleurs, une bibliothèque, une école, une mission locale, une union d’habitants, une MJC, une Maison de services publics, une centre d’accueil de personnes handicapées, … mais aussi des administrations (ANPE, Assedic, CAF, URSSAF, sous préfecture…).
Autant les EPN ont été majoritairement créés pour la sensibilisation aux technologies, autant ces nouveaux types d’accès proposent un accès à Internet dans le prolongement de l’activité principale de la structure (Ex ANPE : accès aux annonces de l’ANPE – uniquement !). Il n’y a pas de création d’une nouvelle activité avec recrutement d’une personne mais plutôt intégration de l’outil dans les pratiques des agents ou personnels de la structure. Ces nouveaux types de points d’accès à Internet ne cherchent pas à répondre à l’ensemble des besoins autour d’Internet, ni à se conformer à une charte ou à un label spécifiques. L’offre est souvent plus restrictive : petit nombre de postes multimédia, accès réservé aux adhérents ou à une catégorie d’usagers ou encore à certains services, pas de "Passeport Internet et Multimédia", … De fait, hormis les réseaux constitués telles que les administrations (ANPE, ASSEDIC, …), il est très difficile de recenser ces lieux d’accès même à l’échelle d’un territoire. D’autant qu’ils relèvent de l’initiative de l’un ou l’autre sans coordination territoriale.
Toutefois, l’existence et le développement de l’accès au multimédia et à Internet au sein de structures tend à prouver l’intégration progressive de ces outils dans les services aux publics en relation avec l’évolution des services en ligne. Parallèlement, il est courant de voir des services publics renvoyer leurs publics vers les EPN pour s’initier aux outils, mais également pour accéder aux services en ligne de l’administration en question. Cette décharge d’une partie de leur rôle sur les EPN pose question et tend à surcharger les animateurs et à leur confier des fonctions qui ne sont pas dans leurs compétences, sans autre contribution de formation ou financière. Elle s’accompagne souvent de changements internes dans l’administration liés au développement de l’administration en ligne avec, à la clé, des possibles suppressions de postes (non renouvellement des départs en retraite, …). Alors que l’utilisation de l’informatique et d’Internet pourrait permettre de reconsidérer le travail de l’agent du service public dans le sens d’un meilleur accueil et accompagnement du public, en se déchargeant de tâches de saisie ou ressaisie de dossiers, cette option ne semble pas être toujours choisie par les administrations. Cette dérive de l’administration vers les EPN est contestable et ne facilite pas leur travail, tandis qu’une logique de complémentarité entre les EPN dans leur fonction de sensibilisation et "formation tout au long de la vie" et les administrations, en réponse aux besoins de leurs publics, aurait tout son sens.