Parallèlement à la mise en place de ces politiques nationales, ou antérieurement, certains territoires ont adopté une politique similaire dont les principes de base sont identiques et visent à réduire la fracture numérique. Les spécificités sont alors à caractère essentiellement territorial. Au sein de ces réseaux, il est possible de constater une variété de structures, et de labels qui viennent s’ajouter à ceux qui se créent sur le territoire. Ainsi, par exemple, un cyber-centre du réseau Cyber Nord – Pas de Calais® (Région Nord-Pas de Calais) peut très bien, en plus de ce label, être également un ECM et/ou une Cyber-base.
Plutôt que de reprendre les caractéristiques globales de chaque politique régionale au risque de se répéter sur les bases communes à celles-ci, nous présenterons ici les spécificités de chacune. La base commune étant de viser à réduire la ou les fracture(s) numérique(s) par le soutien des collectivités au développement d’espaces publics numériques sur leur territoire. Cette contribution est principalement financière sur une aide au démarrage en investissement et partiellement en fonctionnement, et aussi dans le suivi grâce à une animation du réseau des espaces ainsi créés.
Le programme "Picardie en ligne" a été lancé par le Conseil Régional de Picardie dès 1997 et soutenait la création de plateformes multimédia de consultation et d’initiation à Internet. La localisation de ces plateformes a été proposée aux 41 intercommunalités qui maillent le territoire. 34 d’entre elles ont profité de l’offre. Cette première phase était intitulée "Picardie en Ligne Formation".
Une seconde phase qui correspond à une volonté politique de faire évoluer les sites existants pour qu’ils deviennent des lieux-ressources se concrétise par la mise en œuvre d’un programme de développement des contenus et de services intitulé "Picardie en Ligne Animation".
Ce programme a été lancé dès 1998 par la Région Bretagne - l’une des régions pionnières dans le domaine – pour permettre à chacun de s’initier à l’informatique à moins de 20 kms de chez lui. Aujourd’hui, le réseau breton compte plus de 400 Cybercommunes. Deux évaluations ont été réalisées en 2002 et en 2004. Cette dernière a confirmé le succès de ces espaces, où chacun peut s’initier aux nouvelles technologies mais en a aussi montré les limites.
En novembre 2005 (délai de réponse le 17 février 2006), la Région Bretagne a lancé un nouvel appel à projets qui vise à dynamiser le dispositif des Cybercommunes, en créant des centres de ressources et d’animation à l’échelle de chaque pays (à partir de Cybercommunes existantes). Ces centres seront gérés par des animateurs permanents, qui formeront un réseau. Ils auront pour mission d’animer les autres Cybercommunes du pays (coordination, aide à la mise en place d’actions, appui technique) et d’étoffer leur offre de services : ateliers d’initiation au public, mais aussi animations en lien avec les acteurs locaux (ANPE pour la recherche d’emploi, groupements d’employeurs, associations…). Les projets sélectionnés bénéficieront d'une subvention (10.000 euros maximum) pour mettre à niveau leur parc matériel, d’un accès au portail Cyberbase (notamment pour avoir accès à des contenus et faciliter les échanges entre animateurs), d’une aide pour pérenniser les animateurs actuellement en emplois jeunes (6.000 euros par an sur trois ans).
Le Nord - Pas de Calais, autre région pionnière, a définit sa politique "Cyber Nord-Pas de Calais®" dès 1998, pour une mise en œuvre en 1999, permettant le soutien à la création de "Cyber-centres" s’inscrivant dans un projet de développement local (insertion sociale, développement culturel, développement économique, …). L’objectif annoncé de 200 cyber-centres sur le territoire a été atteint fin 2004 et constitue donc un aujourd’hui un réseau animé au niveau régional.
Autre spécificité régionale, le développement d’un passeport régional, le Tim P@ss, qui permet la passation, dans un certain nombre de Cyber-centres du réseau régional, de modules de sensibilisation aux TIC. Ce dispositif s’adresse avant tout aux personnes en difficulté et permet d’acquérir les bases de l’utilisation d’un micro-ordinateur et d’Internet, capacités qui sont, par ailleurs, validées par une attestation régionale.
La mise en œuvre d’un tel programme a eu plusieurs implications :
Cette politique a fait l’objet d’une première évaluation en 2002 et d’un recensement fin 2004.
Le programme est actuellement en cours de redéfinition face, d’une part, au risque de voir un certain nombre d’espaces disparaître avec la fin des contrats emplois jeunes et, d’autre part, à la nécessaire évolution de ces espaces dans leur offre de service. Mais le Tim P@ss se poursuivra jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de demandes.
Programme régional engagé en 1999 pour soutenir l’accès public à Internet sur l’ensemble du territoire. D’abord conçu comme une action autonome distincte des programmes nationaux (ECM, Cyber-bases, ….), la Région intervient toutefois, à partir de 2003, conjointement avec la Caisse des Dépôts et Consignations dans le cadre du dispositif des Cyber-bases.
Le réseau régional compte une cinquantaine de cybercentres dont une trentaine en zone rurale, 4 en zone semi-rurale et 9 en quartier sensible.
Les mêmes questions se posent pour cette Région quant à l’avenir des emplois et des espaces …
Afin d’assurer au mieux le maillage numérique du territoire régional par les usagers, le Conseil Régional du Limousin, soutient le déploiement de Points Publics Multimédia depuis 1998. Deux appels à projet @CTICIEL animés par l’Agence Régionale de Développement ont donc permis la labellisation d’une quarantaine de projets et la création de plus d’une cinquantaine d’espaces. Il s’agissait de proposer des ressources techniques et humaines dédiées aux TIC à des structures existantes (collectivités, associations). Ces projets bénéficient d'un soutien financier (investissement et fonctionnement), d'une coordination et d’une animation réseau, d’un suivi individuel des animateurs et des usages depuis 6 ans.
Le Conseil Régional Midi-Pyrénées a défini un programme d’Action Régional pour la Société de l’Information (PARSI) qui a été adopté en novembre 2001. Il a confié cette mission à l’ARDESI (Agences Régionale pour le Développement de la Société de l’Information) qui joue un rôle d’impulsion et d’animation de la diffusion des usages auprès des collectivités locales, des institutions et des filières professionnelles et a créé un centre de ressources à la disposition du Conseil Régional et de ses adhérents pour contribuer à accélérer le développement de la société de l’information sur le territoire régional.
Suite au premier appel à projets "Cyber-base Midi-Pyrénées", 28 Cyber-bases ont été déployées entre 2002 et 2004.
Pour aller plus loin, la Région mettra en place, d'ici fin 2006, un réseau de proximité de 100 lieux d'accès publics à Internet, avec des engagements de qualité auprès des utilisateurs en matière d'accueil, d'animation et de services : le Réseau Cyber-base Midi-Pyrénées.
Il s'agit d'étoffer le réseau existant (les 28 Cyber-bases) pour pouvoir offrir un service de proximité à tous les midi-pyrénéens quel que soit leur lieu de résidence. Ces espaces bénéficieront d'un fort soutien de la Région en termes d'équipement et de contenus. Les espaces seront sélectionnés selon une charte qualité dont les points forts sont :
Ce programme régional est plus récent (Voté par les élus en décembre 2001) que les précédents et, à ce titre, a pu bénéficier de leurs expériences. Les ERIC sont conçus comme des lieux de proximité capables d’assurer la sensibilisation et la formation de base aux TIC pour tous les citoyens, gratuitement ou à un coût modéré, avec l’intervention de ressources humaines qualifiées assurant une médiation entre les usagers et les outils.
Ce programme ERIC s’appuie sur trois axes principaux :
Trois appels à projets permettant d’assurer le déploiement d’ERIC par des porteurs divers (associations, collectivités, établissements publics) sur le territoire régional ont été successivement lancés, avec une large diffusion de l’information parmi les acteurs régionaux. La création d’ERIC Cyber-bases (en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations) s’est poursuivie dans le temps après cette phase d’appels à projets. Ces appels à projets ont donné lieu à la sélection de plus de 80 projets d’ERIC (dont 14 Cyber-bases).
Du fait de la souplesse laissée aux porteurs de projets dans le choix du type de dispositif mis en place (fixe, mobile, "en étoile"...), ces projets correspondent à plus de 120 lieux physiques répartis sur l’ensemble du territoire régional. Plus des deux tiers des sites sont désormais opérationnels et accueillent un public diversifié.
Le dispositif "Cybercases" a été lancé par la Région Réunion en 2001, en partenariat avec l’Union Européenne, les associations et les collectivités de l’île. Ce programme porte sur la réalisation d’un réseau d’espaces multimédia répartis sur le territoire régional et offrant un accès public aux TIC et à Internet. 23 projets ont été retenus dans le cadre des deux appels à projets. L’année 2005 est la première année de fonctionnement du dispositif complet. Un centre de ressources régional est en cours pour favoriser les échanges entre tous les projets ouverts au public. Les mêmes interrogations existent autour de la pérennisation des espaces qui ont bénéficié des emplois jeunes.
Après une étude commencée en 2001 et faite en concertation avec les trois départements (Calvados, Manche, Orne) et la Caisse des Dépôts et Consignations, l’Etat et la Région Basse-Normandie ont mis au point une politique de l’accès public à Internet en deux volets :
Aider les collectivités territoriales souhaitant développer de tels espaces par le lancement d’un appel à projets (nov. 2004)
Créer un centre de ressources, d’appui et d’animation pour professionnaliser et développer l’ensemble des EPN régionaux.
Le réseau qui comprend environ une centaine d’EPN est animé par le Centre de ressources créé récemment. Celui-ci assure 5 missions :
En Poitou-Charentes, un Accès Public à Internet (API) est un point d’accès à internet ouvert au public qui fait l’objet d’un accompagnement moyennant une faible participation financière. Ces espaces répondent à une charte à laquelle souscrit la structure d’accueil.
L’Agence Régionale des Technologies de l’information (ARANTIS), créée en janvier 2000, est centre de ressources régional des EPN dans le cadre d’une convention signée avec la Caisse des Dépôts et Consignations (mandat CIADT - décembre 2002). Cette mission comporte :
Une observation des pratiques et usages,
L’expérimentation et la mutualisation de services au sein des EPN,
Des formations pour les animateurs.
On recense plus de 80 EPN en Poitou-Charentes.
La Région Corse a également mis en place une politique d’accompagnement des "Point d'accès Multimédia" (P@M). Il en existe aujourd’hui 29 répartis sur le territoire.
Compte tenu du véritable succès rencontré, le Conseil Exécutif a proposé à l’Assemblée de Corse :
de généraliser ces espaces multimédias, à toutes les communes, groupement de communes et associations qui souhaiteront mettre à la disposition du public un tel service (sous certaines conditions),
d’approuver le règlement de mise en œuvre du dispositif de soutien aux usages publics des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
En juin 2005 la Collectivité Territoriale de Corse lançait un avis d'appel d'offre relatif à "la mise en place, au déploiement et à l'animation d'une plate forme régionale de services et de contenus pour l'animation des P@M". Celui-ci a été attribué à "CDC numérique". Depuis la plate forme régionale P@M est accessible depuis tous les P@M de Corse.
2. Les autres politiques territoriales
Un certain nombre de départements ont mis en place des politiques de l’accès public à Internet sur leur territoire dans des approches qui sont similaires à celles des régions. Parmi ces collectivités, nous pouvons citer, notamment :
A l’identique certaines communes ou communautés de communes ont des politiques de l’accès public parmi les plus connues : la Ville de Parthenay et la Ville de Brest. Mais bien d’autres pourraient être citées.